<p>France<br />1. « Au cœur de l’économie française » en 2013 : 3000 entreprises (0,1% du total) qui font 25% du PIB, 70% de l’investissement et 83% des exportations<br />2. Production industrielle en janvier 2016 : hausse de 1,3% et de 0,8% dans l’industrie manufacturière<br />3. Créations d’entreprises en février 2016 : stabilité sur un mois, baisse de -1,7% hors micro-entrepreneurs<br />4. Distribution de crédits au secteur privé en février 2016: accélération de la demande des PME et des grandes entreprises, conditions d’octroi toujours pas assouplies<br />5. Financement des ETI et des grandes entreprises en mars 2016 : dégradation des trésoreries, stabilisation des délais de paiement<br /><br />Europe<br />6. Décisions de la BCE du 10 mars 2016 : baisse du taux de refinancement et de celui sur les facilités de dépôts, élargissement et augmentation du programme de rachat d’actifs <br />7. Démographie européenne en 2014 : 5,1 millions de naissances, taux de fécondité de 1,58 (de 1,23 au Portugal à 2,01 en France)<br /><br />International<br />8. Tendances de la semaine sur les marchés : remontée des bourses, appréciation de l’euro<br /><br />Brève<br />Etats-Unis : la banque centrale américaine (Fed) a annoncé lors de sa réunion de politique monétaire du 16 mars 2016 un statu quo sur les taux des fonds fédéraux. La Fed prévoit désormais deux hausses de taux avant la fin de l’année et non plus quatre comme anticipé en décembre dernier.</p><p></p>

1. « Au Cœur de l’économie française » en 2013 : 3000 entreprises (0,1% du total) qui font 25% du PIB, 70% des investissements,  83% des exportations

*L’INSEE vient de publier une étude mettant en évidence le dynamisme des 3 000 entreprises qui constituaient en 2013 « le cœur de l’économie française ». Selon la méthodologie retenue par l’INSEE, « les entreprises constituant le cœur de l’économie française sont sélectionnées pour leur importance économique selon au moins l’un des trois critères suivants : valeur ajoutée, investissement et exportations ».

*En 2013, les 3,3 millions d’entreprises des secteurs marchands (hors agriculture et services financiers) réalisaient une valeur ajoutée de 986 milliards d’euros, soit la moitié de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie française. Parmi elles, les 3 000 entreprises constituant le « cœur de l’économie » contribuaient à hauteur de 52,3% à cette valeur ajoutée (509 milliards d’euros), soit près de 25% du PIB.

La prédominance de ces 3000 entreprises est particulièrement marquée dans deux domaines :

–    83% des exportations françaises, tandis que 270 000 entreprises ne concentraient que 3,4% des exportations et 3 millions n’exportaient tout simplement pas ;

–    70% des investissements français (seulement 4,5% réalisés par 3 millions d’entreprises).

Ces 3000 entreprises employaient 5,1 millions de salariés en équivalent temps plein en 2013 (43,1% de l’emploi salarié marchand total).

* Par type d’entreprise, ces 3 000 entreprises « au cœur de l’économie française » se répartissaient ainsi :

–    68% (2 030 entreprises) étaient des ETI. Leur valeur ajoutée constituait 36,3% du total de la valeur ajoutée des entreprises « au cœur de l’économie », 35,6% de leurs investissements, 40,4% de leurs exportations. Ces ETI employaient quelque 38% des salariés en équivalent temps plein ;

–    20% (590 entreprises) étaient des PME (hors microentreprises), réalisant 1,7% de la valeur ajoutée des « 3000 » ;

–    8% (240 entreprises) étaient des grandes entreprises réalisant 62% de la valeur ajoutée, près de 50% des investissements, 57% des exportations et 61% de l’emploi (équivalent temps plein).

*Par secteur, ces 3 000 entreprises se répartissent ainsi :
–    38% (1140 entreprises) dans l’industrie, et réalisant 42,5% de la valeur ajoutée, 38% des investissements et près de 70% des exportations, ce qui atteste que  « les entreprises industrielles demeurent un moteur essentiel de l’économie nationale » ;

–    27% dans les services (hors immobilier) ;

–    18,5% dans les commerces ;

–    13% dans les services immobiliers ;

–    3,5% dans la construction ;

2. Production industrielle en janvier 2016 : hausse de 1,3% et de 0,8% dans l’industrie manufacturière

 
*La production industrielle a augmenté de 1,3% en janvier 2016 (données CVS-CJO), après deux mois consécutifs de baisse (-0,6% en décembre et -0,5% en novembre). Cette hausse tient à la fois à la progression de la production dans l’industrie manufacturière ( 0,8% après une stagnation en décembre), à celle dans les industries extractives, énergie, eau ( 4,9% après un recul significatif de -4,4%) et à celle dans la construction ( 7,3% après un repli de -3,1% le mois précédent).

*La progression de la production manufacturière recouvre :

–    une hausse de 0,9% de la production des industries agricoles et alimentaires, après une baisse de -1,5% le mois précédent ;

–    une hausse marquée de 7,5% de la fabrication de matériels de transport (-2,6% en décembre), avec notamment un rebond de la production automobile ( 3,3%, après -3,1%) ;

–    un léger repli de -0,2% dans la fabrication des « autres produits industriels », compte tenu des mauvaises performances enregistrées dans le textile et l’habillement (-2,2% après déjà -3,4% en décembre) et la pharmacie (-3,2%), que n’a pas compensé le rebond de 2,9% dans le caoutchouc, plastique (-1,4% le mois précédent) ;

–    un recul pour le troisième mois consécutif de la production d’équipements électriques, électroniques et informatiques (-0,8%), s’expliquant essentiellement par celui de la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (-4,4%).

*En moyenne sur les trois derniers mois connus (janvier 2016, décembre et novembre 2015), l’activité industrielle s’est contractée de -0,3% par rapport aux trois mois précédents ( 1,9% sur un an) : -5% dans les secteurs des industries extractives et de l’énergie (douceur climatique), 0,5% dans l’industrie manufacturière et 2,8% dans la construction.

 

 
La progression de l’activité manufacturière ( 0,5%, 2,6% sur un an) s’explique essentiellement par la hausse de la fabrication des « autres produits industriels » ( 1,9%) dont notamment ceux du secteur pharmaceutique ( 3,2%) et du secteur de la chimie ( 7,6%). En revanche, la production des autres industries manufacturières a reculé : -2,6% pour la fabrication d’équipements électrique, électronique, informatiques ; -0,9% dans l’industrie agroalimentaire ; -0,4% dans les matériels de transports.

*Sur plus longue période, La production manufacturière des trois derniers mois connus  est encore inférieure de -12% à son point haut du début 2008. La perte d’activité depuis cette date va de -11,5% dans les « autres produits industriels », à -26,7 % dans la cokéfaction. En revanche, la production a dépassé son niveau d’avant crise de 2,4% dans les industries agroalimentaires et de 1,1% dans celle de matériels de transport

En Allemagne, au contraire, la production manufacturière a quasiment retrouvé son niveau du premier trimestre 2008 dès le début 2015.

3. Créations d’entreprises en février 2016 : stabilité sur un mois, baisse de -1,7% hors micro-entrepreneurs

 
*Les créations d’entreprises, tous types d’entreprises confondus, ont été quasiment stables en février 2016 (-0,1%, données CVS), après deux mois consécutifs de hausse ( 1,3% en décembre 2015 et 3,1% en janvier 2016 en données cvs).

Hors micro-entrepreneurs, elles se sont toutefois repliées de -1,7% après une hausse marquée en janvier ( 4,8%).

*En moyenne sur les trois derniers mois connus (février, janvier 2016 et décembre 2015), l’ensemble des créations d’entreprises a augmenté de 3,3% par rapport à la même période un an plus tôt pour s’établir à 45 784 unités. « Sur cette période, les créations des sociétés ( 12,5%) et plus encore, celles des entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs ( 17%) s’accroissent nettement ».

Par grande famille d’activité, toujours en glissement annuel sur trois mois, la hausse de l’ensemble des créations recouvre :

–    une progression dans les services marchands (plus d’une création sur deux) d’un peu plus de 9% ;

–    une augmentation dans le commerce, transports, hébergement et restauration (29% du total des créations) de 9,3% ;

–    une baisse marquée de -8,7% des créations dans l’industrie (4% du total) ;

–    une contraction dans le secteur de la construction (12% du total) de -5,2%.

4. Distribution de crédits au secteur privé en février 2016 : accélération de la demande des PME et des grandes entreprises, conditions d’octroi toujours pas assouplies

 
*La dernière enquête mensuelle de la Banque de France auprès des établissements de crédit, suggère que la demande de crédits des entreprises a accéléré en février 2016 pour le deuxième mois consécutif. Cette accélération s’explique par une hausse simultanée de la demande de crédits de la part des PME « pour financer des besoins d’investissement en hausse » et de la part des grandes entreprises.

En parallèle, les établissements de crédit continuent d’indiquer un durcissement de leurs critères d’octroi de crédits aux entreprises, bien que moins marqué qu’en janvier. Ce durcissement des conditions d’octroi concerne essentiellement les grandes entreprises. Pour les PME, les conditions d’octroi sont restées inchangées. Enfin, comme en janvier, de nombreux établissements bancaires témoignent d’une amélioration des prévisions d’activité économique générale.

*Concernant les ménages, la demande de crédits a continué de s’accroître mais à une vitesse moindre qu’en janvier 2016. La demande de crédits à la consommation a enregistré un troisième mois consécutif d’accroissement mais tend néanmoins à décélérer. Même tendance pour la demande de crédits à l’habitat qui n’a augmenté que très faiblement.

Les conditions d’octroi seraient restées stables pour les crédits à la consommation (deuxième mois consécutif) et à l’habitat (dixième mois consécutif).
 

5. Financement des ETI et des grandes entreprises en mars 2016 : dégradation des trésoreries, stabilisation des délais de paiement

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en mars 2016, les trésoriers des ETI de 500 salariés ou plus et des grandes entreprises font état :

–    d’une dégradation de leur trésorerie d’exploitation, avec un solde d’opinions repassé en territoire négatif pour la première fois depuis juin 2015 (impact des prix du pétrole et du change, contraintes sur les prix de vente). L’estimation de février ayant été révisée en baisse, la tendance suivie par le solde d’opinion s’est affaissée ;

–    d’une tendance des délais de paiement des clients à se stabiliser. Dans le même temps, l’enquête de mars confirme que l’allongement des délais de paiement négociés avec les fournisseurs, qui avait été continu tout au long de 2015, s’est interrompu ;

–    d’une « petite tension » sur les marges des crédits bancaires pour le quatrième mois consécutif ;

–    d’une recherche de financements toujours jugée aisée, malgré le léger repli de la proportion de trésoriers d’entreprise la qualifiant de « facile ».

6. Décisions de la BCE du 10 mars 2016 : baisse du taux de refinancement et de celui sur les facilités de dépôts, élargissement et augmentation du programme de rachat d’actifs

 
*Lors de sa réunion de politique monétaire du 10 mars dernier, la BCE a décidé de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire pour relancer l’activité économique et faire rapprocher le taux d’inflation annuel (-0,2% en février) vers la cible des 2%. De surcroît, l’inflation sous-jacente de la zone euro est retombée à 0,7% en février, son plus bas niveau depuis avril 2015 (0,2% l’an entre novembre 2015 et février 2016). Cinq mesures importantes ont été annoncées :

–    baisse du principal taux de refinancement de 5 points de base (de 0,05% à 0%) ;

–    baisse de 10 points de base du taux sur les facilités de dépôts (de -0,3% à -0,4%) ;
–    augmentation des rachats mensuels d’actifs (« quantitative easing ») de 60 à 80 milliards d’euros ;

–    élargissement du périmètre des actifs éligibles aux obligations d’entreprises non financières sous certaines conditions (notamment d’une bonne notation);

–    quatre nouvelles opérations de refinancement à long terme (TLTRO), entre juin 2016 et mars 2017 (une par trimestre). Ces prêts accordés aux banques sous condition de répercussion à l’économie réelle, se feront à un taux compris entre le taux des facilités de dépôts et le taux refinancement, soit entre -0,4% et 0,0%.

*Durant sa conférence de presse, Mario Draghi a indiqué que le « plancher » de la politique de taux avait été touché. Cette indication a engendré une appréciation de l’euro (contre le dollar), le taux de change étant traditionnellement sensible aux anticipations de taux directeurs futurs.

Cette annonce semble marquer un tournant dans la conduite de la politique monétaire européenne. Désormais en effet, la BCE devrait focaliser son action sur les mesures de soutien au crédit (TLTRO) et aux rachats d’actifs plutôt que sur la baisse de l’euro comme c’était implicitement le cas depuis mi-2014.

Les TLTRO, menés sans doute à des taux négatifs, devraient ainsi fonctionner comme une incitation pour les banques à mieux financer l’économie réelle, tandis que l’augmentation du programme de rachats d’actifs devrait renforcer les effets de rééquilibrage des portefeuilles en faveur du crédit au secteur privé.

 

7. Démographie européenne en 2014 : 5,1 millions de naissances, taux de fécondité de 1,58  (de 1,23 au Portugal à 2,01 en France)

*L’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) vient de publier un article comparant les naissances et la fécondité au sein de l’Union européenne. Globalement, on y a enregistré 5 130 500 naissances en 2014. La France est en tête des pays membres avec 819 300 naissances (16% du total), suivie par le Royaume-Uni (15%), l’Allemagne (13,9%), l’Italie (9,8%), l’Espagne (8,3%) et la Pologne (7,3%).

*Plus significatif est le taux de fécondité, qui mesure le nombre moyen de naissances vivantes par femme. Il est considéré qu’un taux de fécondité de 2,10 est nécessaire pour renouveler la population dans les pays développés, c’est-à-dire « maintenir constante la taille de la population en l’absence de toute immigration ». Le taux de fécondité dans l’Union européenne était de 1,58 en 2014 (1,56 dans la zone euro). Ces chiffres recouvrent une grande dispersion de 1,23% au Portugal à 2,01 en France. Les taux de fécondité sont les plus élevés au Nord de l’Europe (Scandinavie, pays baltes, Pays-Bas, Royaume-Uni), et les plus faibles au Sud de l’Europe.

*Le déplacement du centre de gravité démographique du monde vers les pays émergents est un défi majeur pour l’Europe : compte tenu de son vieillissement, selon les projections de la Banque mondiale, sa population en âge de travailler pourrait se réduire de quelque 30 millions de personnes dans les vingt prochaines années (-10%). Les enjeux sont les ressorts même de sa croissance future (consommation, main d’œuvre disponible, aptitude à innover et à prendre des risques, attractivité pour les investissements).  Pareils freins n’existent pas aux Etats-Unis, et moins encore dans les zones émergentes qui bénéficient d’une population jeune, de plus en plus qualifiée.

*Sa dynamique démographique est un atout pour la France dans cette Europe vieillissante (expansion économique, financement de la protection sociale). Encore faut-il que cet avantage comparatif ne soit pas neutralisé par un taux d’emploi parmi les plus faibles de l’Union. Ce qui impose notamment que soient levés les freins à l’embauche et développées les formations en alternance à tous les niveaux.

 

8. Tendance de la semaine sur les marchés : Remontée des bourses, appréciation de l’euro

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